Oui, voici le Printemps. Les oiseaux chantent, les bĂȘtes se courtisent. Au fil de cette Newsletter, vous dĂ©couvrirez la poĂ©sie des mots oubliĂ©s, la fidĂ©litĂ© du meilleur ami du chien et son sourire sans pareil, Ă©clairĂ© par la tendre compassion de son maĂźtre. Et, un champignon qui recueille ces instants, les buvant comme du petit lait. đ„
1 | Nos débunks :
đȘ¶ Ă mots dĂ©suets, Ă©clats oubliĂ©s de notre langueâŠ
đŠ Lâhistoire dâamour entre un chien et un canard
đ Le sourire dâun chiot trop mimi
đLâARNm, une preuve dâamour de son maĂźtre
đâđ«Un champignon qui sert de verre
2 | La boite Ă outils :
Le documentaire Infrarouge « Détecteurs de mythos, à l'attaque des fake news ».
3 | Le mĂšme
La langue française est un drĂŽle de grenier. Tu montes lâescalier, tu ouvres une vieille malle⊠et lĂ tu tombes sur des mots magnifiques qui prennent la poussiĂšre pendant quâen bas on se bat avec trois expressions recyclĂ©es en boucle.
Regarde ces bijoux oubliĂ©s. Des mots qui sonnent comme des personnages de roman, des insultes Ă©lĂ©gantes, des descriptions prĂ©cises, des images qui claquent. Aujourdâhui on dit « truc bizarre ». Avant on te sortait « infundibuliforme » avec un calme dâhorloger. Respect.
Le pire, câest quâon a remplacĂ© tout ça par un vocabulaire aussi variĂ© quâun menu de cantine. « Incroyable », « problĂ©matique », « du coup ». VoilĂ . Trois mots pour dĂ©crire lâunivers entier. Pendant ce temps, des trĂ©sors linguistiques roupillent dans les dictionnaires comme des aristocrates dĂ©chus.
Franchement, il est peut-ĂȘtre temps de rouvrir le coffre. RĂ©habiliter ces mots, les remettre dans la circulation, les balancer au dĂ©tour dâune phrase comme des feux dâartifice verbaux. Juste pour le plaisir de rappeler que la langue française nâest pas un meuble IKEA.
Câest une cathĂ©drale. Et parfois, il suffit de pousser une vieille porte pour entendre encore rĂ©sonner les cloches.
â
PlutĂŽt vrai
MĂȘme si on fera le tri entre les mots qui sont encore rĂ©pertoriĂ©s au Petit Robert comme tintinnabuler ou grenouiller et ceux qui nây sont plus comme apoltronner, bombillement. Pour sproposito, directement issu de lâItalien, on en trouve guĂšre de traces depuis Saint-Simon.
https://dictionnaire.lerobert.com/fr/
https://cvc.li/AzwlD
Chaque année, les éditeurs de dictionnaire font des choix et suppriment les mots qui ne sont plus utilisés. En un siÚcle, le Larousse a ajouté 18 000 mots et supprimé 10 000 mots. Libre à chacun de réhabiliter des vieux mots, comme Haroun qui a relancé la pasquinade (pour remplacer le stand up).
https://cvc.li/ffjFV
https://cvc.li/iTVxG
Les dĂ©bats sur lâappauvrissement supposĂ© de la langue française datent du XIXeme siĂšcle et sont une consĂ©quence de la perte dâinfluence progressive de la France. Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle pestait dĂ©jĂ contre lâabus dâanglicismes. Du coup, genre, câest un dĂ©bat ni new, ni iconique.
https://cvc.li/zmNdi
https://cvc.li/Kgtkb
Au premier abord, on dirait un chien de chasse tenant un canard abattu. Mais il n'en est rien.
Le photographe du magazine LIFE, Loomis Dean, a pris cette photo en 1947. Un jour, il ramena chez lui un petit canard qu'il nomma Donald. La maison abritait déjà un retriever nommé Trigger. Le chien et le canard devinrent rapidement inséparables.
Quand Donald grandit, son maĂźtre commença Ă le relĂącher dans l'Ă©tang pour qu'il nage avec ses congĂ©nĂšres. Mais Ă chaque fois, la mĂȘme chose se produisait : le chien plongeait et sortait son ami de l'eau.
Peut-ĂȘtre avait-il peur que le canard se noie ? Ou qu'il s'envole avec les autres oies ? Le chien ne dit jamais rien.
â
Câest vrai
La photo, prise en 1947 par le photographe Loomis Dean, fut publiée telle quelle en 1949 dans LIFE Magazine.
Elle fut republiĂ©e dans lâouvrage de 2008 intitulĂ© "LIFE : The Classic Collection", cette fois accompagnĂ©e de cette prĂ©cision :
« Ne vous inquiétez pas ! Le canard va bien ! »
Et la légende suivante :
« Un jour de 1947, la famille Olson, Ă Yakima, ramena chez elle un caneton nommĂ© Donald (Ă©videmment). Donald devint immĂ©diatement ami avec le chien de la famille, au point dâimiter tout ce que faisait ce dernier, y compris chasser les enfants et les autres chiens hors du jardin. Donald devint en rĂ©alitĂ© assez gĂȘnant dans le quartier, si bien que les Olson le confiĂšrent Ă un fermier Ă 20km de lĂ . LĂ -bas, il se lia dâamitiĂ© avec un retriever de la baie de Chesapeake nommĂ© Trigger. DĂ©sormais, chaque fois que le fermier lançait Donald dans lâĂ©tang pour quâil rejoigne les autres canards, Trigger se prĂ©cipitait aussitĂŽt pour aller le rĂ©cupĂ©rer. Trigger Ă©tait aussi doux que possible, comme on peut clairement le voir ici, mais il fut finalement dĂ©cidĂ© que Donald serait mieux de retour chez les Olson »
https://www.life.com/animals/donald-the-duck-and-trigger-the-dog-unlikely-bffs/
Donc maintenant mĂȘme pour exister, faut faire du marketing facial. Incroyable Ă©poque oĂč un chiot doit bosser son branding comme un influenceur en reconversion.
Regarde-le, il ne sourit pas, il nĂ©gocie sa survie. Petit VRP du « aimez-moi sâil vous plaĂźt », avec un sourire un peu de travers, genre « je promets dâĂȘtre sage, mĂȘme si jâai clairement aucune idĂ©e de ce que ça veut dire ».
On en est lĂ , tâas un ĂȘtre vivant qui ajuste sa tronche pour correspondre Ă lâattente humaine. Pas assez expressif, recalĂ©. Trop expressif, suspect. Fallait juste tomber pile dans la bonne case, au bon moment, avec la bonne gueule.
Et aprĂšs ça, on ose dire que ce sont les animaux qui doivent sâadapter.
Ce petit-lĂ , il a compris le systĂšme avant mĂȘme dâavoir compris le monde. Il ne joue pas, il performe. Il ne sourit pas, il passe un entretien dâembauche.
Franchement, sâil dĂ©croche pas un foyer avec ça, câest pas lui le problĂšme. Câest le casting entier quâil faut revoir.
Parce que si mĂȘme ça, ça ne suffit pas, autant dire quâon vit dans une Ă©mission oĂč le jury a perdu le cĆur en mĂȘme temps que la raison.
â Anthropomorphisme quand tu nous tiens
Lâhistoire du labrador Burreaux en Louisiane a fait le tour des mĂ©dias en 2020.
https://cvc.li/mzUtb
https://cvc.li/RaMXk
Burreaux, ses 2 frĂšres et 1 sĆur Ă©taient atteints du parvovirus, ce qui a retardĂ© sa guĂ©rison et laissĂ© son adoption en suspens, contrairement Ă ses frĂšres.
Une vidĂ©o de ce chiot de 8 semaines dans un refuge est devenue virale grĂące Ă son «âŻsourireâŻÂ» adressĂ© Ă tous les passants, sĂ©duisant des milliers dâinternautes et lui trouvant rapidement une famille.
Un vrai coup de marketing en prĂ©tendant que câĂ©tait un vrai sourire.
https://www.facebook.com/reel/578767816183821
Depuis, Burreaux ne montre plus autant ce fameux sourire, et sa sĆur attendait encore dâĂȘtre adoptĂ©e.
Mais cette expression est plutĂŽt dâun signe de soumission, utilisĂ© par certains chiens pour montrer quâils ne reprĂ©sentent pas de menace.
https://cvc.li/HKpXC
Le chiot a été conditionné à réagir ainsi : il répond avec enthousiasme lorsque les visiteurs adoptent un certain ton de voix.
Dâailleurs, la directrice du refuge possĂšde elle-mĂȘme un retriever qui «âŻsouritâŻÂ», et la voix amusante quâon entend dans la vidĂ©o est la mĂȘme que celle Ă laquelle son chien rĂ©pond par ce «âŻsourireâŻÂ».
https://cvc.li/DboUb
đš Il soigne le cancer avec ChatGPT et AlphaFold⊠sans aucune formation en biologie !
Paul Conyngham, consultant en IA sans aucune formation en biologie, refusait de voir mourir sa chienne de sauvetage Rosie dâun cancer (tumeur mast cell de la taille dâune balle de tennis).
Il a fait sĂ©quencer lâADN de la tumeur (~ 3 000 $), a utilisĂ© ChatGPT comme assistant de recherche et AlphaFold pour modĂ©liser les protĂ©ines mutĂ©es⊠et a conçu le tout premier vaccin ARNm personnalisĂ© contre le cancer pour un chien.
Résultat ? La tumeur a rétréci de plus de 50 % en quelques semaines.
Les chercheurs de lâUNSW (UniversitĂ© de Nouvelle-Galles du Sud) sont bluffĂ©s :
Dr Kate Michie (biologiste structurale) :
« Câest excitant de voir que quelquâun qui nâest pas un scientifique ait pu faire ces choses. »
Martin Smith (directeur de la génomique) :
« Si on peut le faire pour un chien, pourquoi ne pas le déployer pour tous les humains atteints de cancer ? »
Cette histoire nâest pas de la science-fiction. Câest 2026.
LâIA ne remplace pas les experts : elle les dĂ©mocratise. Le vrai frein aujourdâhui nâest plus la connaissance⊠mais la rĂ©glementation et le courage dâagir.
Nous entrons dans lâĂšre du citizen scientist.
đ Quâen pensez-vous ?
LâIA va-t-elle accĂ©lĂ©rer la mĂ©decine personnalisĂ©e Ă ce point ? PrĂȘts Ă voir des vaccins sur-mesure en quelques semaines pour tous ?
Commentez, partagez, taguez un collÚgue en santé / biotech / IA !
đ§ Narration hĂ©roĂŻque simplifiĂ©e
Paul Steven Conyngham n'est pas un simple quidam, c'est un ingénieur en informatique et machine learning avec 17 ans d'expérience.
Sa chienne Rosie a été diagnostiquée d'un cancer avancé des cellules mastocytaires en 2024. La chimiothérapie a ralenti la progression mais n'a pas réussi à réduire les tumeurs.
Conyngham a alors déboursé 3 000 $ pour faire séquencer l'ADN de Rosie et celui de sa tumeur à l'UNSW.
Conyngham a ensuite utilisé AlphaFold pour faire des analyses complexes, ChatGPT et Grok pour rédiger les formules décrivant la séquence ARNm du vaccin.
https://cvc.li/PXXRk
C'est ensuite le Pr Påll Thordarson, directeur de l'Institut ARN de l'UNSW, qui a synthétisé le vaccin ARNm.
https://cvc.li/iCuJJ
Résultats (non vérifiés scientifiquement) : Conyngham déclare que le vaccin réduit les tumeurs de 75 %. Mais une tumeur n'a pas répondu au traitement.
https://cvc.li/ULcED
Attention : le coût réel de ce vaccin est largement supérieur à 3 000 $.
Conyngham a bénéficié de scientifiques bénévoles et d'infrastructures universitaires gratuitement.
https://cvc.li/COMOn
Tchin-tchin đCe champignon "boit" et stocke de l'eau pour survivre
Surnommé le champignon buveur de lait, il peut stocker de grandes quantités d'eau sous terre pour les utiliser progressivement pendant les périodes de chaleur.
Une stratĂ©gie incroyable qui lui permet de rĂ©sister aux sĂ©cheresses extrĂȘmes.
â FAKE
Aucun champignon ne porte le nom de « champignon buveur de lait » (ou Drinking Milkcap) comme cela est affirmé dans certains posts sur les réseaux sociaux qui diffusent cette vidéo.
Certaines publications vont mĂȘme jusquâĂ mentionner Lactarius potator, une espĂšce qui nâexiste tout simplement pas.
https://cvc.li/nPYRK
https://cvc.li/ewTSm
Il existe bien des champignons appartenant au genre Lactarius (du latin « lait »), comme Lactarius camphoratus ou Lactarius rufus, qui ressemblent Ă celui montrĂ© dans la vidĂ©o. Leur nom vient du fait quâils exsudent lorsquâils sont coupĂ©s ou blessĂ©s, un liquide laiteux, semblable Ă du latex.
https://cvc.li/HfFru
https://cvc.li/MSdpT
Mais aucun champignon rĂ©el ne se comporte comme dans la vidĂ©o. Cela sâexplique notamment par leur structure : la pression interne dans les hyphes (les filaments du champignon) sâexerce vers le bas. Un champignon fonctionne en quelque sorte comme un parapluie, ce qui est Ă lâopposĂ© du phĂ©nomĂšne observĂ© ici.
https://cvc.li/LgPvS
đ Et pour clore dĂ©finitivement le dĂ©bat :
la vidĂ©o provient du compte de lâartiste @sodazot, connu pour crĂ©er des docufictions mettant en scĂšne des formes de vie hypothĂ©tiques.
https://cvc.li/GmLBA
https://cvc.li/sqpKK
Comme mentionnĂ© dans une prĂ©cĂ©dente newsletter ici, une troupe dâĂ©lĂšves de TroisiĂšme sâest produite en juin dernier au Théùtre de la Concorde sur le thĂšme des fake news
Ce projet Ă©tait le fruit de six mois de collaboration avec lâassociation Fake Off, qui Ćuvre pour dĂ©velopper lâesprit critique des jeunes et leur apprendre Ă analyser lâinformation de maniĂšre rĂ©flĂ©chie.
Un documentaire Infrarouge sur ce sujet, intitulé « Détecteurs de mythos, à l'attaque des fake news », sera diffusé en avant-premiÚre au Trianon le mardi 24 mars à 19h00, puis sur France 2 le 25 mars à 22h45.